La création de ce cercle de réflexion répond à un constat : le bassin méditerranéen est à la fois un espace de proximité stratégique et une zone d’exposition majeure aux chocs climatiques, énergétiques et alimentaires. Dans un contexte de tensions géopolitiques accrues et de transitions accélérées, il devient nécessaire de disposer d’analyses indépendantes, comparables et opérationnelles, capables d’éclairer les décideurs publics, les acteurs économiques et la société civile.
Nos préoccupations premières portent sur le réchauffement climatique, ses incidences sur les environnements agricoles et, par corollaire, sur la sécurité et les souverainetés alimentaires et hydriques. Les pays de la région n’y sont pas exposés de manière uniforme : dépendances aux importations, stress hydrique, vulnérabilités sociales, structures productives et capacités d’investissement varient fortement. Mettre ces vulnérabilités en regard des trajectoires de transition est indispensable pour identifier les leviers réalistes, les points de rupture et les marges d’action.
Nous faisons le pari qu’une collaboration accrue entre les pays des deux rives de la Méditerranée, et des formes d’intégration régionale renforcées, peuvent transformer les contraintes en complémentarités — inter-étatiques comme interrégionales — notamment autour de l’énergie, de l’eau et des systèmes alimentaires. Cela suppose la mise au point de stratégies de résilience énergétique compatibles avec la décarbonation : une sortie progressive et réfléchie des dépendances aux fossiles, sans obérer les trajectoires de développement du Maghreb.
